Cité des Familles | 23/02/2010
Une opération déminage parfaitement gérée
Midi moins cinq, une fourgonnette blanche tout à fait banale quitte le Centre hospitalier spécialisé du Rouvray (CHSR). Seuls les quelques motards qui encadrent le véhicule signalent que le convoi, lui, n’a rien d’habituel.
À l’intérieur, la bombe de 220 kg, datant de la Seconde guerre mondiale que des sondages de terrain avaient localisée dans l’enceinte de la structure hospitalière, courant janvier. Ce mardi 23 février, il aura fallu moins de deux heures aux démineurs de la Sécurité civile pour neutraliser l’engin explosif armé. Compte tenu de la dangerosité potentielle de la bombe, un périmètre de sécurité avait été établi dans un rayon de quatre cents mètres. Cela signifiait pour un peu plus de 1500 personnes domiciliées notamment Cité des familles et aux Castors, la nécessité d’évacuer leur logement au petit matin. Dès 7 heures, les nombreux policiers municipaux et nationaux mobilisés ont constaté la bonne coopération des habitants. À 8 h 45, la zone était complètement déserte, à l’exception de deux familles qui avaient décidé de faire de la résistance. Dans le ciel, l’hélicoptère de la sécurité civile était en alerte. Le délicat travail des démineurs pouvait démarrer.
La plupart des habitants ont pris la situation avec philosophie : "C’est pour notre sécurité, alors pas de problème, on fait ce qu’on nous demande", précise Georges, sortant la lettre signée du maire et du préfet adressée début février à toutes les personnes concernées. Comme près de cent vingt personnes, le retraité s’est rendu à la salle festive le temps de l’évacuation. Il y a passé le temps en compagnie de voisins dans une ambiance très détendue. Viennoiseries et café étaient à disposition du public, une salle de projection de dessins animés avait même été aménagée pour les enfants. Les plus prévoyants, à l’image de Claude, Nella et Claudine avaient prévu de quoi passer un bon moment en apportant jeux de société, revues et mots croisés. Aucune inquiétude n’était perceptible, chacun attendant avec sérénité l’autorisation de pouvoir rentrer.
Midi, le message de fin d’opération était envoyé simultanément par radio aux différentes équipes de CRS postées aux intersections de toutes les rues bouclées. En un instant, les barrières étaient retirées et les fourgons se rassemblaient en une colonne impressionnante rue des Coquelicots. À l’intérieur de la salle festive, les derniers habitants regagnaient leurs pénates, pour y déjeuner et poursuivre la journée comme si de rien n’était.
"Tout s’est très bien déroulé, s’est réjoui après coup Yvon Le Neun, responsable municipal de la sécurité, saluant le sens civique de la population. C’est sans aucun doute parce que nous avons eu le temps nécessaire de bien prévenir les habitants. Pendant un mois, nous avons consacré beaucoup d’énergie à recenser au cas par cas les personnes et les situations particulières notamment la quinzaine de personnes âgées pour lesquelles il a fallu organiser un transport en Mobilo’bus. Ce temps nous a été précieux et a permis à chacun de vivre cette opération dans le calme et la sérénité."
Légende photo: A midi, la bombe quitte le centre hospitalier du Rouvray dans une "relative" discrétion.
