texte et mise en scène :

Arne Sierens

en collaboration avec :

Koen Augustijnen

avec :

Titus De Voogdt, Robrecht Vanden Thoren

musique (en direct) :

Jean-Yves Evrard

décor :

Guido Vrolix

lumière :

Timme Afschrift

costumes :

Lieve Pynoo

réalisation :

Koen Demeyere, Timme Afschrift

DURÉE ESTIMÉE

1h20

tarif A

À l'affiche | 20 octobre 20 h 30

Théâtre : Tous des gagnants

Tousgagnants

Dans un élan de miséricorde, Dino sort Pierre, défoncé, du caniveau, lui enfile un vieux caleçon et le ramène chez lui. Trois mois sont passés depuis cette nuit-là… Pierre, d’un chic dépenaillé – c’est un gosse de riches – a surmonté son délire après un séjour à l’hôpital et il se pointe, un bouquet de fleurs à la main. Dino, débordé par le "club de nanas" de son frère en cavale, se méfie, batte de baseball au poing. Les deux hommes se retrouvent face à face, avec la gêne de deux étrangers. L’un déversant ses remerciements timides, l’autre les recevant comme un bon Samaritain niais, berger contre son gré. Les poings prêts à mettre au tapis toute forme apparente d’affection, ils se mettent à tourner l’un autour de l’autre. C’est le début de ce pas de deux captivant et brut de deux hommes qui vivent chacun leur saison en enfer. Car sous l’expression de leur nihilisme coriace, bouillonnent un immense chagrin et une énorme révolte. Résolument éloignées d’un théâtre traditionnel, les créations d’Arne Sierens (co-auteur avec Alain Platel de "Tous des Indiens") sont le fruit de longs mois d’improvisation exigeant l’implication totale, voire autobiographique, des acteurs. Puisant dans la langue savoureuse qui fut le décor sonore de son enfance gantoise, Arne Sierens signe ici une pièce à la vérité crue, de la veine du cinéma de Ken Loach ou des Frères Dardenne. La danse du chorégraphe Koen Augustijnen des Ballets C de la B et la musique du compositeur Jean-Yves Evrard, présent sur scène, subliment la narration en un portrait complexe et percutant, qui tantôt flirte avec un éclat de rire, qui tantôt tremble de colère, un sanglot dans la gorge. Le décor singulier – une bande de tarmac qui glisse par à-coup sur le côté, comme si la terre, elle aussi, se dérobait sous les pieds des deux hommes – renforce l’atmosphère explosive et chargée d’émotion. L’authenticité stupéfiante et l’audace avec lesquelles Titus De Voogdt et Robrecht Van den Thoren interprètent leurs rôles, fascinent, littéralement.

production : Compagnie Cecilia & HETPALEIS met de steun van Vooruit (Gent) - version française : Monique Nagielkopf | coproduction : La Filature, Scène Nationale de Mulhouse remerciements à Minard (Gand), monsieur Van Hyfte du service MEPROSCH de la police de Gand

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